POURQUOI CE SITE

Avant de répondre à cette question, je dois rappeler brièvement quel a été mon parcours. Après avoir fait une licence de lettres classiques, j’ai été reçu à l’Agrégation de grammaire en 1957. J’ai enseigné d’abord les lettres classiques dans le secondaire (Lycée Gouraud et Lycée Descartes de Rabat), puis la grammaire française à la Faculté des Lettres de Rabat, enfin, la linguistique générale à l’Université René Descartes de Paris. J’ai préparé, sous la direction d’André Martinet, une thèse de doctorat d’état sur la Grammaire fonctionnelle d’un parler berbère ; thèse que j’ai soutenue en 1972. Ensuite, j’ai fait partie de l’équipe dirigée par André Martinet pour élaborer la Grammaire fonctionnelle du français ; j’étais chargé des « recherches préliminaires » concernant les classes syntaxiques. J’ai participé à divers colloques de linguistique et j’ai publié des articles et des livres traitant de linguistique générale, de linguistique française, de linguistique berbère ou de littérature orale berbère (devinettes et proverbes), dont on peut voir le détail sur le site dans la liste de mes travaux et publications. Après ce court préambule, voyons quelles ont été mes motivations : Il est difficile d’accéder à mes publications : soit elles sont épuisées, soit leur coût est élevé si on les trouve encore. Donc, je n’ai pas honte de le dire, j’ai voulu « rendre service » à quelques rares lecteurs éventuels… Le passage par la description du berbère m’avait permis d’aborder l’étude du français avec un regard neuf, et en tout cas plus aiguisé, un peu plus libre à l’égard de la tradition. Dans mes « recherches préliminaires », je me fondais sur les instruments théoriques que m’avait fournis mon maître André Martinet. Mais les résultats auxquels j’avais abouti n’ont pas été repris entièrement dans la rédaction définitive de la Grammaire fonctionnelle du français (désormais GFF), dont André Martinet était le maître d’œuvre. Il est bon de le rappeler ici, les membres d’une même école peuvent, à partir de la même théorie, ne pas s’accorder sur l’analyse des données. Voilà pourquoi je voudrais reprendre ici l’essentiel de ma contribution concernant les déterminants grammaticaux du verbe (DGV), c’est-à-dire un chapitre où les points de désaccord avec André Martinet sont nombreux et importants. Le lecteur averti constatera tout de suite les différences entre la description du système verbal d’André Martinet dans la GFF et la mienne. Je les rappelle pour ceux qui n’ont pas pratiqué la GFF : Contrairement à André Martinet, je ne pose pas une classe des modes en français. Contrairement à André Martinet, je ne vois pas une unité « vision décalée » dans certains emplois du conditionnel. Il n’est pas indispensable d’avoir recours à la notion de forme nue du verbe pour rendre compte du présent de l’indicatif. Enfin j’ai toujours pensé qu’on pouvait simplifier la description morphologique du verbe en s’appuyant sur la phonie. J’ai donc repris l’analyse morphologique du verbe que j’avais proposée pour la GFF, et je l’ai approfondie, tout en en clarifiant la présentation ; et les résultats auxquels je suis parvenu me semblent Continue reading POURQUOI CE SITE